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IA et comité de direction : les 8 sujets à inscrire à l’ordre du jour en 2026

IA pour le Comex en 2026 : huit sujets à trancher en comité de direction, de la maîtrise de l’IA exigée par l’AI Act à la direction IA externalisée.

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Mettre l’IA à l’ordre du jour du comité de direction, ce n’est pas ajouter une présentation sur les dernières nouveautés. C’est trancher huit sujets que personne d’autre ne peut trancher : ce que les dirigeants pratiquent eux-mêmes, ce que la loi exige déjà, les règles d’usage, les processus prioritaires, les données, les agents, la mesure des résultats et qui porte le sujet. Cette liste sert à préparer les prochaines séances, sujet par sujet.

On ne revient pas ici sur la répartition détaillée des responsabilités, traitée dans notre article sur la gouvernance de l’IA par la direction. Ni sur la diffusion des usages dans les équipes, sujet de notre guide sur l’acculturation à l’intelligence artificielle. On se concentre sur l’agenda : quoi inscrire, dans quel ordre, et ce qu’il faut décider à la fin de chaque point.

Pourquoi le comité de direction doit s’emparer de l’IA en 2026

Trois raisons rendent le sujet difficile à déléguer cette année.

  • Le cadre juridique est en place. Le règlement (UE) 2024/1689, dit AI Act, s’applique depuis le 2 août 2026, avec des exceptions. Son article 4 sur la maîtrise de l’IA s’applique depuis le 2 février 2025. Le règlement (UE) 2026/1744 a reporté les obligations des systèmes à haut risque au 2 décembre 2027 pour l’annexe III et au 2 août 2028 pour l’annexe I.
  • Les usages existent déjà. Dans beaucoup d’entreprises, des salariés utilisent des assistants conversationnels, parfois avec des comptes personnels. La question n’est plus de savoir s’il faut commencer, mais d’encadrer ce qui a commencé.
  • Les outils agissent. Les agents ne se contentent plus de proposer un texte : ils envoient, modifient, classent dans les logiciels de l’entreprise. Décider jusqu’où ils peuvent aller est un choix de direction.

Aucun de ces points ne se règle en une réunion. Les huit sujets ci-dessous se répartissent sur plusieurs séances, et chacun se termine par une décision écrite.

1. La pratique des dirigeants eux-mêmes

Le premier sujet porte sur le comité lui-même. Une direction qui n’utilise pas l’IA prend des décisions sur un sujet qu’elle connaît par ouï-dire. Elle surestime ou sous-estime ce que les outils savent faire, et les équipes le voient.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Deux ou trois usages par dirigeant, sur ses propres dossiers : préparer une décision, synthétiser un document long, contredire une recommandation.
  • Un outil validé par l’entreprise, avec des comptes professionnels, pour ces usages.
  • Un retour à la séance suivante : ce qui a servi, ce qui s’est trompé, ce qui a été vérifié.

C’est souvent ce que recouvre la demande de « formation IA pour le Comex ». La formation utile ici n’est pas un cours sur les outils : c’est une pratique encadrée, sur les décisions réelles de la direction, avec un temps pour en parler.

Décision attendue : chaque membre du comité nomme les usages qu’il essaie d’ici la prochaine revue.

2. La maîtrise de l’IA exigée par l’article 4

L’article 4 du règlement (UE) 2024/1689, dans sa version issue du règlement (UE) 2026/1744 applicable depuis le 27 juillet 2026, demande aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures pour favoriser le développement de la maîtrise de l’IA par leur personnel et par les personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte. Il ne leur impose pas de garantir un niveau précis par personne. Une entreprise qui utilise un outil d’IA dans son activité professionnelle est un déployeur. Elle devient fournisseur si elle développe un système et le met en service sous son nom ; pour un système à haut risque, c’est aussi le cas si elle y appose sa marque, le modifie substantiellement ou change sa destination (articles 3 et 25).

La Commission européenne précise dans ses questions-réponses que cette obligation s’applique depuis le 2 février 2025. Le texte ne fixe ni format ni durée : les mesures dépendent des connaissances des personnes, du contexte et des systèmes utilisés.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • L’inventaire des outils d’IA utilisés, par service, y compris ceux intégrés aux logiciels existants.
  • Les personnes concernées et ce qu’elles doivent savoir pour utiliser ces outils sans risque.
  • Les mesures prises et leur trace : sessions, supports, règles diffusées.

Décision attendue : un responsable et un plan de maîtrise de l’IA, proportionné aux usages réels.

3. Les règles d’usage et le shadow AI

Sans règle claire, les prudents s’interdisent tout et les autres s’autorisent tout. Les usages partent alors vers des comptes personnels que l’entreprise ne voit pas : c’est le shadow AI.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Quelles données peuvent aller où, en trois niveaux : sans enjeu, confidentielles, sensibles ou réglementées.
  • La liste des outils validés et la façon d’en demander un nouveau.
  • La règle de vérification humaine pour tout ce qui sort de l’entreprise ou engage une décision.

Ces règles tiennent sur une page. Notre exemple de charte d’utilisation de l’IA en donne une base.

Décision attendue : la charte validée, diffusée, avec une date de révision.

4. Les processus où l’IA doit produire un résultat

Les démonstrations impressionnent, les résultats viennent des processus. Le comité choisit où l’effort portera, et renonce explicitement au reste pour l’instant.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Deux ou trois processus candidats, fréquents, coûteux en temps qualifié ou sources d’erreurs.
  • Pour chacun, le travail réel : qui fait quoi, avec quels documents, où sont les exceptions. Une cartographie des processus aide à le voir.
  • Un indicateur par processus, mesuré avant le premier changement.

Notre guide pour choisir quel processus automatiser en premier détaille les critères.

Décision attendue : les processus retenus, un responsable métier pour chacun, et ce qui est écarté.

5. Les données personnelles et le RGPD

Dès qu’un usage d’IA touche des données personnelles, le RGPD s’applique, avec ou sans AI Act. La CNIL publie des recommandations sur l’IA, et en juillet 2026 une note avec le Conseil de l’IA et du Numérique sur l’IA agentique.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Les usages qui traitent des données personnelles, et leur base légale.
  • Les fournisseurs et sous-traitants concernés, avec un contrat conforme à l’article 28 du RGPD quand ils traitent des données pour le compte de l’entreprise.
  • Le rôle du délégué à la protection des données, associé avant l’ouverture d’un usage, pas après.

Notre guide IA et RGPD reprend ces points en détail.

Décision attendue : la liste des usages concernés et l’avis du DPO ou du conseil de l’entreprise.

6. Les agents qui agissent dans vos outils

Un assistant propose, un agent agit : il envoie un message, modifie une fiche, déclenche une tâche. La question pour la direction n’est pas technique. Elle porte sur ce qu’elle accepte de déléguer à un logiciel, et sous quel contrôle.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Les actions jamais déléguées : engagements financiers, communications externes sensibles, décisions sur les personnes.
  • Les validations humaines obligatoires avant un envoi ou une modification d’un système partagé.
  • Un déploiement par phases, du mode lecture seule à l’action encadrée.

Notre article sur les garde-fous pour agents IA décrit ces étapes.

Décision attendue : le périmètre autorisé pour les agents et le responsable de chaque agent en service.

7. La mesure des résultats

Le nombre de licences ou de requêtes ne dit pas si l’IA sert. Le comité suit des indicateurs de processus : délai, taux d’erreur, temps passé, volume traité sans reprise.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • La situation de départ de chaque processus retenu, mesurée avant le changement.
  • Une revue trimestrielle courte : ce qui a changé, ce qui coince, ce qu’on arrête.
  • Les incidents : erreurs repérées par la vérification humaine, et ce qu’on en a appris.

Notre guide pour mesurer le résultat d’une automatisation propose une méthode.

Décision attendue : les indicateurs suivis et la date de la prochaine revue.

8. Qui porte le sujet : en interne ou avec une direction IA externalisée

Le dernier sujet est organisationnel. Un membre du comité doit répondre de la feuille de route. Reste à savoir avec quels moyens.

À inscrire à l’ordre du jour :

  • Le porteur au comité, nommé, qui rend compte à chaque revue.
  • Les compétences disponibles en interne : métier, données, informatique, conduite du changement.
  • Le besoin d’un appui extérieur, et pour quoi faire.

Une direction IA externalisée accompagne le comité sur une période définie : cap, priorités, règles, suivi des chantiers. Les décisions restent à la direction. Avant de choisir un partenaire, notre guide pour choisir un prestataire IA liste les points à vérifier. Et parce que le sujet touche les équipes autant que les outils, la conduite du changement IA se prévoit dès le départ.

Décision attendue : le porteur nommé et le mode d’accompagnement retenu.

Séminaire Comex IA : comment répartir les huit sujets

Huit sujets ne tiennent pas dans une réunion. Une répartition possible, à adapter :

  • Première séance : sujets 1 et 2. La direction pratique, fait l’inventaire et lance le plan de maîtrise.
  • Deuxième séance : sujets 3 et 5. Règles d’usage et données personnelles, avec le DPO.
  • Troisième séance : sujets 4 et 6. Choix des processus et périmètre des agents.
  • Revue suivante : sujets 7 et 8. Indicateurs, porteur, mode d’accompagnement.

Un séminaire Comex sur l’IA peut regrouper les premières séances. Il est utile s’il se termine par des décisions écrites : processus retenus, règles validées, responsables nommés, date de revue. Sinon, c’est une conférence.

Les erreurs fréquentes à l’ordre du jour

  • Commencer par les outils. Comparer des assistants avant de savoir quel processus on veut changer.
  • Tout déléguer à la DSI. Le sujet touche les métiers, les risques et les équipes.
  • Interdire sans alternative. Les usages partent vers des comptes personnels.
  • Ne rien écrire. Une décision non consignée sera redébattue à la séance suivante.
  • Mesurer l’activité plutôt que le résultat. Les comptes ouverts ne disent rien du travail.

Ce qu’on fait chez Klaryx

On accompagne les directions de PME et d’ETI dans leur transformation IA. Notre offre Direction IA travaille avec le comité sur ces sujets : pratique des dirigeants, cap, priorités et règles d’usage. On poursuit ensuite processus par processus. Toutes nos offres sont sur devis.

→FAQ

Questions fréquentes

Quels sujets IA un comité de direction doit-il traiter en 2026 ?

Huit sujets reviennent : la pratique des dirigeants eux-mêmes, la maîtrise de l’IA exigée par l’article 4 du règlement européen, les règles d’usage et le shadow AI, le choix des processus prioritaires, la gestion des données personnelles, les agents qui agissent dans les outils, la mesure des résultats et l’organisation qui porte le sujet, en interne ou avec un partenaire.

Faut-il former le Comex à l’IA ?

Oui, mais pas par un cours générique. L’article 4 du règlement (UE) 2024/1689 s’applique depuis le 2 février 2025. Réécrit par le règlement (UE) 2026/1744, il demande depuis le 27 juillet 2026 aux entreprises qui utilisent des systèmes d’IA de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l’IA de leur personnel, sans niveau spécifique à garantir. Pour une direction, cela passe surtout par une pratique sur ses propres dossiers, puis par des règles qu’elle sait expliquer.

À quoi sert un séminaire Comex sur l’IA ?

Un séminaire utile ne présente pas des outils : il fait trancher. En sortie, la direction a choisi deux ou trois processus prioritaires, validé les règles d’usage, nommé un responsable par sujet et fixé une date de revue. Si rien de cela n’est écrit, c’était une conférence.

Qu’est-ce qu’une direction IA externalisée ?

C’est un partenaire extérieur qui accompagne la direction sur l’IA pendant une période définie : il aide à fixer le cap et les priorités, anime les décisions du comité, pose les règles et suit les chantiers. La responsabilité des décisions reste à la direction. Le but est que l’entreprise puisse ensuite porter le sujet seule.

Qui doit porter l’IA au comité de direction ?

Un membre du comité, nommé, qui répond de la feuille de route et rend compte à chaque revue. Ce n’est pas forcément le DSI : le sujet touche les métiers, les données, les risques et les équipes. Chaque système en production a en plus un responsable métier qui répond de son fonctionnement.

L’AI Act concerne-t-il une PME qui utilise seulement des outils du marché ?

Oui, au moins en partie. Une entreprise qui utilise un système d’IA sous sa propre autorité, pour un usage professionnel, est un déployeur au sens du règlement. L’obligation de maîtrise de l’IA de l’article 4 s’applique déjà. Les obligations propres aux systèmes à haut risque s’appliqueront le 2 décembre 2027 pour ceux de l’annexe III, selon le règlement (UE) 2026/1744.

Sources

Pages officielles consultées le 4 novembre 2026.

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À propos de Klaryx

Thomas Coget, fondateur de Klaryx

Klaryx est le partenaire de transformation IA des PME et ETI. Après près de dix ans en finance opérationnelle (comptabilité, contrôle de gestion, reporting et clôtures), Thomas Coget l’a fondée pour faire entrer l’IA dans le travail. Les guides présentent les règles, les contrôles et les limites de ces transformations. En savoir plus